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S'il n'a jamais été aussi simple de se rendre d'un endroit à un autre, cela n'a jamais été aussi difficile non plus... S'il est vrai que les biens et personnes peuvent parcourir plus de kilomètres en moins de temps, nos voitures, camions et autobus restent bloqués dans les bouchons. Les bateaux restent à quai tandis que les avions doivent attendre le feu vert pour atterrir et passer les contrôles douaniers. Et ce n'est pas tout... Les progrès qu'a connu le secteur des transports coïncident les plus graves problèmes de l'humanité : de la pollution au réchauffement climatique, en passant par risques associés aux virus et à la sécurité.

La solution ne consiste pas simplement à améliorer les transports, mais plutôt à les rendre plus intelligents. Il n y a pas si longtemps, IBM a réuni quelques-uns des plus grands visionnaires au monde pour proposer des solutions novatrices à l'occasion de la conférence annuelle Global Innovations Outlook. Nous allons vous donner un aperçu de la manière dont ils envisagent le monde, un monde avec non seulement des véhicules intelligents, mais aussi des routes intelligentes; avec des systèmes d'expédition plus intelligents; et avec des réseaux de transports en commun intelligents plus rapides et moins énergivores.


Des véhicules plus intelligents

 

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La demande croissante de véhicules particuliers, notamment dans les économies émergentes, est alarmante. Il suffit de regarder la Chine, où l'on compte pas moins de 20 millions de véhicules, et qui talonne de très près les États-Unis, qui occupent la première place mondiale quant aux émissions de gaz à effet de serre. Quand on sait qu''on prévoit qu'il y aura 140 millions de véhicules personnels en Chine en 2020, il y a de quoi s'inquiéter! Aujourd'hui, les experts et spécialistes de par le monde proposent trois solutions.


Passer au vert
Si les gouvernements offraient des mesures incitatives aux sociétés qui développent et fabriquent des véhicules à bas prix roulant avec une énergie de remplacement, cela pourrait contribuer à leur économie et leur environnement - surtout dans les économies émergentes. Au-delà de la demande croissante au niveau national, des pays comme la Chine et l'Inde pourraient bien décrocher la première place sur le marché lucratif et à l'heure actuelle encore inexploité que représentent les véhicules écologiques.

Autopartage
Dans de nombreux pays, il est de plus en plus courant de pouvoir emprunter une voiture à n'importe quel coin de la ville comme on loue un DVD ou on s'inscrit à un gym. Non seulement les membres disposent d'une voiture là et quand ils en ont besoin, mais tous tirent parti de routes moins encombrées. Plus d'info.

Dans la boîte : Selon le plus grand constructeur automobile nord-américain, General Motors, la voiture de monsieur Tout-le-Monde devrait fait l'objet de plus de 100 millions de lignes de code d'ici 2010. En comparaison, Windows XP en contient 40 millions. Source : IDG News, ITWorld.com

Plus d'intelligence
À l'image des machines, les voitures modernes sont devenues des ordinateurs sur roues. Bientôt, des capteurs pourront analyser les performances d'une voiture et signaler à son propriétaire (ou à leur garage) qu'une mise au point s'impose. Des moteurs intelligents pourront passer d'un type de carburant à l'autre en fonction des conditions de déplacement. Et des logiciels d'autodépannage pourront diagnostiquer et traiter les défaillances système avant qu'elles ne se produisent - et ainsi prévenir un tout nouveau type de "panne" automobile. En fait, de tout nouveaux segments de marché pourraient bien voir le jour pour assurer le service et la protection de la nouvelle génération d'autos intelligentes.

Des routes plus intelligentes

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Si vous êtes déjà resté bloqué aux heures de pointe dans une grande ville, vous connaissez certainement les défis liés aux embouteillages. Ils riment non seulement avec retards et frustration, mais sont également une source très importante de pollution. Si les villes ne parviennent pas à endiguer les problèmes de circulation, les entreprises et les habitants risquent fort de s'installer en périphérie. Ce qui risque de se traduire par une baisse de l'assiette fiscale et de compliquer l'offre de services de grande qualité, notamment dans le cas des services vitaux comme les transports en commun. Et puisque les individus seraient de plus en plus nombreux à partir et à payer des taxes ailleurs, les grandes zones urbaines pourraient être aux prises avec un cercle vicieux qui se solderait par leur déclin.

Les solutions à court terme mises de l'avant pour éliminer les problèmes d'embouteillage ne font souvent que déplacer le problème - des routes aux rues et des centres-villes aux banlieues. En fait, la solution consiste moins à construire de nouvelles infrastructures routières qu'à utiliser plus intelligemment les axes routiers. Étudions deux exemples :

Routes à péage
Certaines villes, comme Londres et Stockholm, testent des systèmes de péage visant à augmenter les frais pendant les heures de pointe. Au Canada, Toronto est la première ville au monde à avoir mis en place une autoroute payante libre-accès entièrement informatisée; les conducteurs disposent ainsi d'une solution de rechange certes plus coûteuse, mais dont les routes sont moins encombrées. Même si le péage limite d'une certaine manière le trafic routier, le système n'est pas parfait. Certains soulignent que le péage crée un système à deux vitesses dans le sens qu'il punit les travailleurs qui ne peuvent tout simplement ni changer leur trajet, ni s'acquitter des frais supplémentaires.

Dans la boîte :  Saviez-vous que la population des États-Unis a augmenté de près de 20 % entre 1982 et 2001, tandis que le temps passé par ses habitants dans les bouchons a augmenté de 236 %? Source : U.S. News and World Report

Informations de circulation en temps réel
Grâce aux microtechnologies, il est aujourd'hui possible de placer des capteurs presque partout. Par exemple, les micropuces intégrées dans les pneus transmettent des informations aux capteurs qui jalonnent les routes dans le but de surveiller et de suivre l'écoulement du trafic. Les usagers de la route bénéficient ainsi d'informations de circulation en temps réel, et peuvent éviter les embouteillages en modifiant leur itinéraire. Dans le futur, certains spécialistes pensent que des autoroutes automatisées relieront les véhicules à une sorte de réseau qui les redirigera automatiquement tout en optimisant l'écoulement du trafic.

Si disposer de routes plus intelligentes semble être la clé pour réduire les embouteillages, nous ne comprenons toujours pas très bien le schéma urbain dans lequel évoluent les individus, les véhicules et le transport des marchandises. La première étape essentielle consiste donc à collecter des données cohérentes. Ensuite, nous aurons besoin de solutions novatrices pour appliquer ces données si nous voulons venir à bout des problèmes de circulation actuels.

Des réseaux de transports en commun plus intelligents

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Imaginez un réseau de transports en commun qui vous permettrait de connaître le nombre de places disponibles dans le prochain métro ou train de banlieue simplement en passant un appel depuis votre téléphone cellulaire. Un réseau qui irait chercher directement les informations dans les appareils portables de chaque personne et saurait, en temps réel, où envoyer un plus grand nombre d'autobus. Cela pourrait arriver plus vite que vous ne pensez...

L'intégration des services et des informations constitue sans aucun doute la clé du futur des transports en commun. Pour répondre à l'offre et à la demande, les systèmes de transport de demain sauront à quel endroit se trouvent les usagers et dirigeront les véhicules jusqu'à eux. De nombreux planificateurs de transit rêvent également de pousser l'intégration au-delà des limites d'un seul système, et d'intégrer les tarifs et les services à l'ensemble des moyens de transport, des villes, voire des pays.

Transport intégré : Carte unique
Dans certaines villes comme Shanghai, Singapour et Hong-Kong, les habitants peuvent maintenant utiliser la même carte à puce pour prendre l'autobus, le train ou le traversier. Certaines d'entre elles fonctionnent même dans les taxis et les parcs de stationnement. Cependant, aux États-Unis et en Europe, les problèmes de confidentialité soulevés sont un frein majeur à l'adoption de cartes électroniques. Certaines personnes sont réticentes à l'idée que le gouvernement puisse suivre leurs déplacements. Les usagers doivent dans un premier temps accorder leur confiance au réseau de transports et être sûrs que leurs renseignements personnels sont sécurisés. Ils doivent aussi être sûrs d'obtenir ce qu'ils veulent en retour, notamment des moyens de transport conviviaux et pratiques.

Dans la boîte : Saviez-vous que la ville de demain pourrait posséder des parcs d'autobus plus petits qui n'obéiraient plus à des trajets définis, mais changeraient d'itinéraire à la volée pour répondre à la demande, tandis que les plus grands autobus emprunteraient les axes à forte affluence aux heures de pointe. Tous les autobus seraient intégrés à un système, qui surveillerait et ajusterait de manière dynamique leurs mouvements pour répondre aux besoins variables des usagers.

Rester informé : Informations de transport accessibles en temps
La technologie existe, et les voyageurs peuvent recevoir sur leur cellulaire des alertes ou des modifications dans divers formats (texte, audio, images ou vibrations). Les usagers, y compris les personnes handicapées, peuvent désormais recevoir ces informations dans le format qu'ils préfèrent. Plus d'info.

Un jour, les usagers pourront envoyer des informations aux systèmes de réservation à partir de leur assistant personnel afin de préciser leur destination et leurs préférences de voyage. Un système intégré leur répondra pour leur indiquer le moyen le plus rapide ou le plus économique.

Des réseaux de transports maritimes intelligents

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Dérive des ports
Si un secteur d'activités est dû pour un changement, c'est celui de l'expédition. Chaque jour, plus de 15 millions de conteneurs sont en mouvement - circulent en mer ou sur la route ou attendent d'être livrés. Néanmoins, une grande partie des activités repose toujours sur des processus manuels et des documents imprimés. En fait, un seul porte-conteneurs génère près de 40 000 documents par voyage!

En outre, il n'y a pas deux ports qui se ressemblent. Les formalités douanières diffèrent. Et, conséquences du terrorisme mondial, des frontières autrefois ouvertes au commerce sont de plus en plus fermées.

Dans la boîte : Saviez-vous qu'un navire en attente de déchargement coûte près de 50 000 $US par jour? C'est pourquoi les sociétés de transport maritime ont tout intérêt à bénéficier de ports optimisés. Source : The Economist

Voie sans issue ou point de départ?
La solution? D'après les spécialistes, un bon point de départ serait d'investir dans des technologies de conversion qui permettraient aux différents acteurs et processus de dialoguer et d'échanger - la base d'une chaîne logistique souple de bout en bout.

Le port de Singapour est un parfait exemple de port intégré. Même si Singapour constitue très rarement leur destination finale, un nombre impressionnant de conteneurs dans le monde entier empruntent ce port. Considérez maintenant le port de Los Angeles. Il faut près de sept jours à un bateau pour quitter le port de Los Angeles où 30 bateaux en moyenne patientent chaque jour au quai. Ce n'est donc pas étonnant que de nombreuses sociétés de transport maritime aillent mouiller jusqu'à Houston (Texas), même si c'est beaucoup plus loin. Les navires attendent moins longtemps et les marchandises qu'ils transportent peuvent être mises sur le marché beaucoup plus vite.

Grâce à une meilleure gestion du trafic, les navires peuvent circuler dans les ports beaucoup plus rapidement et efficacement. En mettant à jour les systèmes et processus manuels encore en vigueur dans leurs ports, les villes et les gouvernements peuvent tirer parti d'un important avantage concurrentiel - et économique.

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