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Icônes de progrès
 

Le code-barres

La transformation du secteur de la distribution
IBM100 UPC: The Transformation of Retail
 

Le code-barres UPC a été créé afin de définir une codification adaptée à la grande distribution, dans les années 70. Cette invention allait devenir l’une des techniques industrielles les plus marquantes de l’histoire. Ce standard véritablement universel a reçu une reconnaissance exceptionnelle à travers le monde. Le code-barre EAN/UPC sera ensuite adopté en Europe et en France en 1977.
Aujourd’hui le code-barres est toujours le code adopté par la grande distribution, il continue à faire l’objet d’innovation telle que le lancement du code-barre 2 D.
Celui-ci va permettre aux consommateurs de scanner directement ses articles à l’aide de son téléphone portable.

Le code UPC (Universal Product Code), avec les lecteurs optiques associés, a bouleversé les pratiques des distributeurs et de toutes les organisations qui achètent et transportent des objets. Ces deux technologies ont débouché sur la mise en œuvre des systèmes de traitement de l’information dans les magasins du monde entier, pour des millions de types de marchandises et d’articles. Le code UPC est l’outil de suivi des stocks le plus répandu de la planète.

C’est le 20 octobre 1949 que N. Joseph Woodland, qui travaillait à l’époque au Drexel Institute of Technology, avant de devenir un IBMer, présenta la première demande de brevet sur la technologie des codes-barres, brevet qu’il obtint avec Bernard Silver le 7 octobre 1952. Les choses devaient en rester là pendant plus de vingt ans, car on ne disposait d’aucun moyen pour lire ces codes : les applications concrètes du laser n’avaient pas encore vu le jour. Vers 1970, au centre Triangle Park d’IBM Research, George Laurer entreprit de trouver une solution pour scanner des étiquettes et développer un code à lecture numérique. Rapidement, une équipe fut mise sur pied, avec la participation de N. J. Woodland. Le premier essai porta sur un code en « œil de bœuf » (constitué de cercles concentriques), mais personne n’en fut satisfait, car il prenait trop de place.

Entre-temps, face au développement des supermarchés dans l’Amérique de l’après-guerre, le secteur de la distribution alimentaire voulait automatiser le passage en caisse pour gagner du temps, réduire les coûts de personnel et systématiser la gestion des stocks dans le magasin. Au début des années 1960, plusieurs groupes de travail commencèrent à travailler sur la définition des besoins et des spécifications techniques. Et le secteur demanda aux entreprises informatiques de présenter des propositions.

L’équipe d’IBM avait quant à elle revu son approche et adopté les barres verticales que nous connaissons aujourd’hui, contenant chacune plusieurs copies des informations. N. J. Woodland, qui avait contribué à la création du code en « œil de bœuf », rédigea la réponse d’IBM. Dans le même temps, une autre équipe d’IBMers, au laboratoire de Rochester, dans le Minnesota, élabora un prototype de scanneur au moyen de systèmes optiques et de lasers. En 1973, l’industrie alimentaire définit un standard répondant de très près à l’approche d’IBM. Il fallait un standard que tous les distributeurs et leurs fournisseurs puissent utiliser.

IBM était bien placé, et fut l’un des premiers fournisseurs de lecteurs de codes UPC aux supermarchés avec le lancement, le 11 octobre 1973, de l’IBM 3660. Ce système allait occuper une place centrale sur le marché. Il comprenait un terminal point de vente (une caisse numérique) et un lecteur optique capable de lire les codes-barres. Les distributeurs obligèrent leurs fournisseurs de produits conditionnés dans des boîtes à adopter le code-barres, et IBM aida ces derniers à acquérir la technologie nécessaire pour les mettre en œuvre.

C’est le 26 juin 1974 qu’eut lieu la première lecture optique d’un article, dans le cadre d’un projet pilote réalisé dans un supermarché Marsh de Troy (dans l’Ohio). Il s’agissait d’un paquet de chewing-gum Juicy Fruit de Wrigley, exposé aujourd’hui au Smithsonian National Museum of American History, à Washington. Les magasins alimentaires adoptèrent rapidement les nouveaux lecteurs, tandis que les consommateurs se convainquirent peu à peu de leur fiabilité pour la facturation.

Les doutes éventuels sur l’avenir du nouveau système furent définitivement balayés à la fin des années 1970. Le coût des passages en caisse avait chuté et leur vitesse avait augmenté de 40 % ; les transactions avaient gagné en fiabilité ; et les systèmes de gestion des stocks des magasins avaient été considérablement optimisés (pour la gestion des marchandises disponibles, en commande ou nécessitant un réassort). Et ce n’était qu’un début. L’une des conséquences immédiates fut la capacité des magasins à suivre les habitudes d’achat globales et, par la suite, individuelles des consommateurs grâce au scan de bons de réduction et de cartes de fidélité. Entre 1976 et 1980, le nombre des magasins d’alimentation exploitant cette technologie est passé de 104 à 2207, le système s’implantant également dans d’autres pays.

Dans les années 1980, IBM et ses concurrents étendirent cette nouvelle technologie à d’autres secteurs (tandis que l’Europe de l’Ouest adoptait des variantes du code UPC standard américain). Et IBM Raleigh continua à la perfectionner. En décembre 1980, la compagnie lança le lecteur optique 3687, qui exploitait l’une des premières applications commerciales des technologies holographiques. En octobre 1987, la mise sur le marché du lecteur de codes à barres IBM 7636 amena les centres de production à adopter le code-barres IBM pour suivre leur fabrication en cours, tandis que les bibliothèques faisaient de même pour la gestion des livres. Dans les années 1990, les lecteurs optiques à main (prolongés plus tard par la technologie sans fil) permirent d’étendre l’utilisation des codes à barres aux objets les plus variés. Et grâce à de nouvelles innovations, le code UPC put contenir encore plus d’informations.

Ces technologies permettent à toutes sortes d’organisations, d’écoles, d’universités et d’entreprises de tous secteurs de tirer parti de la puissance de l’informatique pour gérer leurs stocks. Dans de nombreux pays, presque tous les articles achetés aujourd’hui dans un magasin comportent un code-barres et passent devant un lecteur. Le code UPC a mis à la retraite les caisses manuelles et électromécaniques en usage depuis les années 1880. Au début des années 2000, les technologies relatives aux codes-barres représentaient un marché de 17 milliards de dollars, avec plusieurs milliards de scans par jour.