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Icônes de progrès
 

IBM 360

Des ordinateurs aux systèmes informatiques
IBM100 System/360 iconic mark
 

Peu de produits dans l'histoire américaine ont eu un aussi grand impact que l'ordinateur IBM 360 — sur la technologie, sur la façon dont le monde travaille ou sur l'organisation qui les a créés. Jim Collins, auteur de Good to Great, classe l'IBM 360 comme l'une des trois plus grandes réussites commerciales de tous les temps, les deux autres étant le modèle T de Ford et le premier avion de ligne de Boeing, le 707. Il a placé IBM sur l'échiquier qui lui a permis de dominer l'industrie informatique durant 20 ans par la suite.

Plus important encore, avec l'ordinateur IBM 360, on entre dans une ère de compatibilité informatique. Pour la première fois, on permet à des machines d'une gamme de produits de travailler ensemble. En fait, c'est un tournant dans le domaine en émergence des sciences de l'information et dans la compréhension de systèmes complexes. Après l'IBM 360, l'on ne parle plus d'automatiser certaines tâches à l'aide d'«ordinateurs». Maintenant, on gère des processus complexes au moyen de «systèmes informatiques».

À cette époque, toutefois, le succès de ce produit est loin d'être évident. La décision de Thomas Watson Jr. d'aller de l'avant et d'investir un montant, faramineux, de 5 milliards de dollars dans quelque chose qui cannibaliserait les gammes de produits existantes est vue comme un mémorable risque commercial — comme la détermination qu'a le fils héritier de montrer qu'il peut assumer l'héritage de son légendaire père fondateur, Thomas Watson Sr., et apporter des changements à la technologie. À l'intérieur d'IBM, le projet IBM 360 déclenche une extraordinaire période de créativité technologique et commerciale, de conflits internes et d'autoréflexion pour des milliers d'IBMers. Si, après l'annonce de l'IBM 360, le 7 avril 1964, l'informatique n'a plus jamais été la même, IBM a également subi une métamorphose. L'entreprise a appris, dans les mots de Thomas Watson Jr., qu'«il n'y a rien qu'IBM ne puisse pas faire».

L'IBM 360 annoncé remplace les cinq gammes de produits IBM par une famille de produits compatibles utilisant une nouvelle architecture, la première à représenter les données en octets, une méthode encore utilisée aujourd'hui. L'annonce présente un concept avant-gardiste d'une portée sans précédent. Six modèles de processeurs, dont les performances sont multipliées par 50, ainsi que 54 différents périphériques. Plusieurs types de dispositifs de stockage magnétique, des terminaux à écran, de l'équipement de communications, des lecteurs et perforatrices de cartes, des imprimantes et un lecteur optique de caractères.

Rapidement, les commandes dépassent les prévisions. Plus d'un millier de commandes sont signées durant les quatre semaines suivant l'annonce. Et un millier d'autres durant les quatre mois suivants.

Après l'annonce de l'IBM 360, les clients voient le matériel informatique différemment. Pour la première fois, des entreprises peuvent acheter un système, et le faire évoluer au fur et à mesure qu'elles prennent de l'expansion. D'autres entreprises commencent à fabriquer des périphériques compatibles avec l'IBM 360. Bientôt, une industrie entière prend forme. Elle est composée d'entreprises fabriquant et fournissant des produits périphériques directement connectables (un phénomène qui trouvera écho 20 ans plus tard, à la suite de la décision d'IBM de permettre la fabrication de clones de son PC, point de départ de l'industrie de l'informatique personnelle). Menée par Telex et ses unités de bande en 1967, et par Memorex et ses unités de stockage sur disque en 1968, cette industrie connaît une croissance phénoménale. En 1972, l'Union soviétique et ses alliés d'Europe orientale annoncent le début de la production de leurs ordinateurs Ryad compatibles avec l'IBM 360.

En 1989, un quart de siècle après la naissance de l'ordinateur IBM 360, plus de la moitié des recettes totales d'IBM proviennent des produits basés sur l'architecture de l'IBM 360 et ses extensions. Ces produits constituent également plus de 50 % des stocks mondiaux d'ordinateurs (60 milliards de dollars) fabriqués par toutes les entreprises et coûtant plus de 100 000 $US chacun.