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Icônes de progrès
 

La naissance d'IBM

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L'entreprise Computing-Tabulating-Recording Company, le précurseur d'IBM, est fondée le 16 juin 1911. C'est d'abord une fusion de trois entreprises manufacturières, représentative de son temps et orchestrée par le financier Charles Flint. Et c'est de ce modeste début qu'est née l'entreprise que Thomas Watson Sr. façonnera en une force mondiale de la technologie, de la gestion et de la culture.

En 1911, quelques biplans volent et le modèle T de Ford commence à circuler dans les rues. Les visionnaires électrifient leur maison et installent leur premier appareil téléphonique. Dans un chantier naval de Belfast, des travailleurs mettent la touche finale au plus grand paquebot jamais construit, le Titanic. L'économie des États-Unis est florissante et engendre une soif d'information. Il faut se tenir au courant, comprendre et s'informer.

C'est là qu'intervient le financier Charles Ranlett Flint. Son bureau se situe sur Broad, à New York, pas très loin de Wall Street, et il a investi dans la construction navale, les munitions, le caoutchouc, l'amidon et la production de caramel. Au début des années 1900, Charles Flint se lie d'amitié avec Theodore Roosevelt, William McKinley, Orville Wright, Andrew Carnegie et d'autres géants de la politique et des affaires.

À partir de 1900, Charles Flint tente de constituer un certain nombre de trusts en fusionnant plusieurs petites entreprises pour créer un acteur dominant.

Une de ces tentatives touche les horodateurs— le type que les travailleurs utilisent pour pointer à l'entrée et à la sortie de l'usine. Les horodateurs aident les employeurs à assurer le suivi des heures travaillées et à calculer les salaires horaires. Charles Flint regroupe alors un certain nombre d'entreprises qui fabriquent des horloges, y compris Bundy Manufacturing à Binghamton, dans l'État de New York, en une seule qu'il nomme International Time Recording Co. (ITR).

À la même époque, Charles Flint rassemble plusieurs entreprises qui fabriquent des balances-calculatrices, lesquelles pèsent les articles et calculent le coût de ce qui y a été placé. Une des plus grandes de ces entreprises se trouve à Dayton, en Ohio, et s'appelle Dayton Scale Company. Charles Flint regroupe toutes ces entreprises sous Computing Scale Company of America, et en installe le siège social à Dayton.

Au début des années 1900, la croissance d'ITR est modeste et Computing Scale a des difficultés. Charles Flint, qui cherche un moyen d'aider les entreprises. Il réalise qu’à la base, les deux entreprises collectent, quantifient et analysent des informations — une mission qui restera fondamentale pour l'entreprise durant le siècle suivant.

Charles Flint s'intéresse alors également à une autre entreprise qui traite des informations, celle d'Herman Hollerith, Tabulating Machine Co., installée à Washington, DC. Herman Hollerith a créé la tabulatrice pour comptabiliser le recensement des États-Unis en 1890. Et il a commencé à vendre cette machine, qui trie et compte les informations enregistrées en perforant des cartes, aux gouvernements, aux entreprises ferroviaires et aux détaillants.

En 1911, Charles Flint achète l'entreprise d'Herman Hollerith et fusionne Tabulating Machine Co. Computing Scale, ITR et ce qu'il reste de Bundy Manufacturing Co. La nouvelle entité, qui met l'accent sur les informations, est nommée Computing-Tabulating-Recording-Co., ou C-T-R. Charles Flint déménage le siège social à New York, et l'entreprise exploite des usines à Endicott, dans l'État de New Yord, à Dayton, en Ohio, et dans quelques autres villes.

Très rapidement, la tabulatrice d'Herman Hollerith s'avère être la technologie la plus prometteuse du catalogue de C-T-R. Avant la fusion, les machines étaient utilisées pour effectuer le recensement de la population dans divers pays, y compris en Autriche, au Canada, au Danemark et en Russie. Non seulement cette machine compte plus rapidement, mais elle peut comprendre les informations de façons nouvelles. À titre d'exemple, dans un recensement, une seule carte perforée d'environ 7 x 18 cm, peut brosser le portrait d'une personne — la ville où elle réside, son âge, sa nationalité, son travail, etc. Les machines d'Herman Hollerith peuvent trier des millions de cartes et compter combien d'enseignants vivent à Chicago, en Illinois, ou tout autre sous-ensemble de la population. La société peut apprendre des choses dont elle ignore tout, à une vitesse que personne ne croyait possible jusque-là.

Les entreprises constatent rapidement que ces cartes peuvent brosser d'autres portraits que ceux de citoyens. Elles peuvent renseigner une entreprise sur un produit qu'elle vend, donner de l'information sur un wagon à marchandises ou sur le client d'une compagnie d'assurance. Parmi ceux qui adoptent la tabulatrice électrique dès le début, on compte le bureau du service des marchandises de la New York Central Railroad et la Eastman Kodak Company, qui s'en sert pour assurer le suivi des clients et des vendeurs.

Dans l'ensemble, en dépit des progrès réalisés par la tabulatrice, les revenus de C-T-R stagnent dans les années qui suivent la fusion. En 1914, Charles Flint embauche alors Thomas Watson Sr. pour diriger l'entreprise. Ce qui s'avère être un geste judicieux.

Durant la décennie qui suit, Thomas Watson assemble les pièces disparates de C-T-R pour en faire une entreprise forte dotée d'une culture unifiée. Prévoyant l'expansion constante des technologies de l'information, il dirige les ressources vers l'entreprise de tabulatrices et crée littéralement l'industrie de l'information.

Thomas Watson commence également à vouloir élargir l’entreprise à l'étranger — au-delà du Royaume-Uni, du Canada et de l'Allemagne où ses produits se vendent déjà — et fait de la petite C-T-R une entreprise mondiale. En 1924, il rebaptise C-T-R et lui donne un nom plus adapté, International Business Machines.

Les entreprises qui fabriquent des balances-calculatrices et des horodateurs disparaissent. IBM croît et devient l’acteur le plus important à chaque étape de l'évolution des technologies de l'information au cours des 100 années suivant sa formation.

En 1911, le revenu net de C-T-R est de 800 000 US$. En 2010, celui d'IBM est de 14,8 milliards de dollars. Une action de 1915 d'IBM, corrigée pour tenir compte de tous les fractionnements et dividendes, en vaut 11 880 aujourd'hui.

D'année en année, IBM change la façon dont les entreprises doivent fonctionner et apporte des éléments et sa touche culturelle telle que la devise THINK (Réfléchissez), les cartes perforées, la machine à écrire Selectric IBM, le PC IBM ou l'ordinateur Watson qui a gagné au jeu télévisé Jeopardy! en 2011.

C'est un siècle riche en histoire.

 

Quelques-uns des membres de l'équipe qui ont contribué à cette histoire

  • Thomas J. Watson Sr. 

    Thomas J. Watson Sr.

    Après une enfance passée dans un milieu rural modeste près d'Ithaca, dans l'État de New York, Thomas J. Watson commence sa carrière professionnelle dans la vente. Il travaille d'abord à son compte — en tant que voyageur de commerce —, puis pour National Cash Register Company (NCR) à Dayton, en Ohio, où il occupe le poste de directeur des ventes avant de gravir les échelons et d'occuper un poste de cadre durant un peu plus d'une dizaine d'années. Thomas Watson quitte NCR pour devenir directeur général de Computing-Tabulating-Recording-Company (C-T-R), et déménage à New York en mai 1914. Une dizaine d'années plus tard, il change le nom de C-T-R pour International Business Machines. En tant que président fondateur d'IBM, Thomas Watson bâtit une puissante entreprise de tabulatrices qui devient un modèle d'affaires. Celui à qui on attribue le style de gestion distinctive d'IBM et la création de sa culture d'entreprise devient également l'homme d'affaires le plus célèbre du pays. Il est l'auteur de la devise «THINK» (Réfléchissez) qui a cimenté sa réussite en tant que vendeur et spécialiste de la mise en marché. L'apport de Thomas Watson est un vecteur de croissance explosive pour IBM : à sa mort en 1956, IBM affiche un revenu annuel de près de 900 millions de dollars — 100 fois plus que le revenu annuel de C-T-R lorsqu'il prend la direction de l'entreprise en 1914.

  • Charles Flint 

    Charles Flint

    Charles Ranlett Flint naît en 1850 à Thomaston, dans le Maine. Ambitieux, il devient, dès l'âge de 21 ans, partenaire dans une entreprise de fournitures navales. L'année suivante, il pousse encore un peu plus loin et s'engage dans un partenariat avec une entreprise navale internationale, W. R. Grace and Co. Au cours de sa vie professionnelle, Charles Flint entretient de nombreuses relations avec des diplomates, des politiciens et des visionnaires industriels, et devient une personne respectée dans le monde des affaires internationales. À différents moments, il agit comme consul à New York pour le Chili, le Nicaragua et le Costa Rica, et il est nommé délégué à la Conférence internationale des États américains (1889-90) à Washington où il propose la création d'une banque internationale vouée à la promotion du commerce extérieur. Charles Flint est l'auteur de 21 regroupements industriels ou fusions, y compris de la formation de C-T-R — le précurseur d'IBM — où il embauche Thomas Watson Sr. Sa prolifique carrière dans le monde des affaires lui vaut d'ailleurs le titre de «père des trusts». Il se retire en 1931.

  • Herman Hollerith 

    Herman Hollerith

    Herman Hollerith naît à Buffalo, dans l'État de New York, le 29 février 1860. Il abandonne l'école très tôt et étudie avec un précepteur privé jusqu'à ce qu'il puisse entrer à Columbia College, où il est admis à l'âge de 16 ans. Il en sort 3 ans plus tard avec en poche un diplôme d'ingénieur minier. Employé par le bureau du recensement des États-Unis en 1879, il voit très vite le besoin de compiler les données du recensement plus rapidement et plus efficacement. En 1884, il fait sa première demande de brevet et commence à fabriquer ses tabulatrices à Baltimore en 1887. Ses machines traitent les données du recensement de 1890; il faut 2 ans de moins que pour le recensement de 1880 pour en publier les résultats. Le coût total du processus est estimé à 5 millions de dollars de moins que le calcul manuel. En 1911, la Tabulating Machine Company d'Herman Hollerith fusionne avec deux autres entreprises sous les auspices de Charles Flint pour former Computing-Tabulating-Recording-Company, ou C-T-R. En plus d'aimer fumer de bons cigares et boire de grands crus, Herman Hollerith s'adonne à l'élevage de vaches Guernesey.